La caravane passe

... et restent les mots

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La caravane est passée ...

... et on dit qu'on l'a revu le premier mai dernier à la Ferme Godier.

On dit aussi qu'autour d'elle, des stylos jouaient à écrire des mots sur des cahiers ...

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Premiers pas

Comme tous les matins, au réveil, j’ai une petite pensée pour ma caravane, là bas, à Villepeinte, je l’aime de plus en plus cette caravane à Villepeinte, j’ai rencontré des chouettes de gens à Villepeinte. Comme tous les matins, après le café du matin, je me dis « tiens faudrait juste ajouter le E à Villepinte »

Il faudrait ajouter un E et prononcer bien toutes les lettres

VillEpeintE
VillEpeintE
VillEpeintE
VillEpeintE
VillEpeintE

C’était ma petite phrase, ma petite pensée du matin, sans importance, mais qui me fait plaisir et comme je me fais plaisir dans cette caravane alors voilà et comme et comme et comme il trône sur mon bureau depuis une semaine ce beau cadeau de Léa en classe de 6ème 2, ce beau cadeau en forme de texte et comme et comme et comme je suis d’humeur joyeuse en cette fin d’hiver début de printemps alors ce cadeau j’ai envie de le partager avec vous lecteurs de la bibliothèque de VillEpeintE.

Chère Léa, j’espère que tu ne m’en voudras pas mais avant de rejoindre les nombreux et beaux souvenirs qui sont regroupés dans une vieille valise, valise dont j’aime plus que tout le touché du cuir craquelé et qui recèle des trésors comme celui que tu m’as offert et que j’ouvre quand le doute me ronge, que les mots ne prennent pas leur place sur la feuille et que l’envie de tout arrêter s’insinue dans le cerveau pour me rappeler que j’aime écrire bordel oui j’aime cela !

Alors chère Léa, merci et maintenant je me tais et je déballe ton cadeau.

Comme tous les matins, mon réveil rouge sonne à 7h20 précises. La radio me sort tout d’un coup de mon rêve.
J’allume ma lampe de chevet rose pour éteindre la radio. Je prends ensuite mon cartable posé devant mon bureau. Il y a plusieurs feuilles, quelques livres et cahiers d’école et u pot à crayons posé dessus ainsi qu’une lampe jaune. Mon cartable est lourd, comme d’habitude.
Je marche dans le couloir légèrement éclairé, mon chat dort sur un tapis bleu avec de jolies pattes de chat dessinées dessus. Je passe devant deux portes vertes, derrière celel de droite, mon frère dort encore, derrière celle de gauche, mon autre frère de vingt ans. J’entends le bruit de son vélo d’appartement.
Comment peut il faire des exercices dès le matin ?
Je continue à avancer puis je descends encore endormie mes 14 marches, encore endormie.
Mon bol bleu et ma tartine beurrée dont déjà prêts. Je mange tranquillement. Tous les matins je prends un bol de chocolat tiède.
A 7h30 , alors que mes céréales croustillent dans mon bol de lait, ma mère rentre. Elle va réveiller mon frère de 14 ans. Celui ci commence à 8H30, comme moi, mais il se permet de dormir quinze minutes de plus que moi.
J’ai fini de déjeuner, je vais mettre mon bol de lait dans le lave vaisselle blanc, presque remplit.
Ensuite, je pars chercher mes vêtements que j’avais préparés la veille. Je les pose à chaque fois sur un meuble Lesvik de couleur marron. Ce meuble là, ma mère l’adore. Je prends mes vêtements et je me dirige vers la salle de bain. Mon frère vient juste de se réveiller et il est encore tout endormi.
Arrivée dans la salle de bain, bleue, je me regarde un moment dans le miroir puis je commence par me brosser les dents avec ma brosse à dents signal qui est orange et blanche et avec le dentifrice à la menthe de la même marque.
Dès que la brosse avec peu de dentifrice dessus touche mes dents, je sens une fraicheur. Mes dents lavées, je commence à m’habiller. J’ai fait ma douche la veille au soir, donc pas besoin de la refaire le matin.
Une fois habillée, je me lave les mains et le visage. Il est environ 7h50 et quelqu’un tambourine à la porte. C’est mon frère qui, lui aussi, veut se préparer. Je lui ouvre la porte, puis il entre avec ses vêtements à la main et moi, je sors, avec mes chaussettes en main.
Je pars dans la salle à manger puis je m’assois sur une chaise pour les mettre. Je vérifie mes devoirs et mon cartable pour voir si je n’ai rien oublié.
Vers 8h05, mon frère sort de la salle de bain. Je vais vite me coiffer pendant qu’il met ses chaussures je vais mettre les miennes, des reebooks puis j’attrape mon manteau et mon cartable et je file. Mon frère passe devant, c’est donc moi qui doit fermer la porte avec mes clefs violettes puis je dois fermer mon portail noir.
Nous sommes enfin en route pour l’école ou plutôt pour le collège.

Léa, mars 2009

Texte écrit à partir de la consigne suivante lors d’un atelier d’écriture à la médiathèque de VillEpeintE avec la classe de sixième 2 du collège les mousseaux : Décrivez avec le plus de précision possible de votre premier pas de la journée jusqu’à votre premier pas dehors.

Texte offert par Léa à l’auteur en résidence le lendemain de l’atelier et conservé par l’auteur dans sa valise à souvenirs sous son bureau chez lui.

Et vous ? Vous faîtes quoi de votre premier pas au réveil jusqu’au premier pas dans la rue. Ecrivez et publiez sur le blog.

Mardi 17 février /

Qu’est ce que la littérature ?
Une chose ? Un truc ? Un machin ?

A quoi sert la littérature ?

  • A faire rêver ? oui ? non ?
  • A décorer un pan de mur du salon ? oui ? non ?
  • A utiliser du bois après les tempêtes ? oui ? non ?
  • A faire rire dans les chaumières ? oui ? non ?
  • A faire parler les bavards ? oui ? non ?
  • A faire vendre ? oui ? non ?
  • A faire vomir ? oui ? non ?
  • A servir de prétexte à la FNAC pour vendre autre chose que des livres ? oui.
  • A faire parler quelques érudits dans des salons mondains ? oui, non ?
  • De sujet au bac ? oui ? non ?
  • A caler une table de camping un peu bancale quand on a rien d’autre sous la main ? oui ? non ?
  • A occuper les trois heures d’un train Paris Marseille ? oui ? non ?
  • A se protéger du soleil sur une plage en été ? oui ? non ?
  • A remplir des médiathèques toutes propres et toutes neuves ? oui ? non ?
  • A me poser des questions de moi dans tout ça ? oui ? non ?

- Monsieur j’ai lu.
- Ah…
- J’ai détesté.
- Ah…
- C’est vulgaire.
- Ah…
- Ce n’est pas de la littérature.
- Ah bon.
- Ca parle de tous les jours.
- Ah bah oui.
- Du quotidien la littérature c’est pas ça.
- Ben non.
- Vous parlez comme parle le peuple
- Ouais
- Ce n’est pas ça que j’attends d’un écrivain

Alors chère madame, continuons ici, sur ce blog, notre discussion, puisque je n’arrive pas à vous revoir dans les murs de cette médiathèque (c’est le fruit du hasard certainement), continuons donc notre discussion qui prendra la forme d’un monologue (soliloque ?) en attendant une réponse de votre part, continuons donc cette discussion autour de cette question :

Qu’est ce que la littérature ?

Je réponds : Je n’en sais rien, je ne veux pas le savoir (ou je le sais trop bien)

A quoi sert elle ?

A se trémousser le popotin sur un plateau de télé quand on s’appelle F.Z.
NON
(Pour les fidèles du blog, vous saurez dans un prochain épisode qui se cache derrière ces deux initiales F et Z)

Ma littérature à moi la mienne celle que j’aime lire, celle que j’essaye, en toute modestie d’écrire au jour le jour est une littérature qui questionne le monde, qui éponge le monde, qui ne donne pas de solution mais jette des pavés dans la mare, remue la mélasse avec cruauté et dérision et autodérision d’elle même, met les mains dans ce que vous savez de l’âme humaine pour en déceler les mécaniques de pensée. Ma littérature se moque de toute et de tout le reste. L’écrivain est le nouveau bouffon (dans le sens théâtral du terme) en tout cas mon écrivain à moi construit des ponts et regarde de ce point d’appui avec qui veut bien monter avec lui sur ce pont de bambou le monde tel qu’il est et l’époque moderne telle qu’elle est. Ma littérature se veut lucide sur ce qui l’entoure et ce qui l’entoure ne fait pas rêver ni voyager madame, ce qui l’entoure donne le tournis à ma littérature et l’écrivain que je suis alors

Qu’est ce que la littérature ?
Une chose ? oui Un truc ? oui Un machin ? oui

A quoi sert la littérature ?

  • A faire rêver ? Non Pas au sens du rêve bien être thalasso
  • A décorer un pan de mur du salon ? non
  • A utiliser du bois après les tempêtes ? non plus il y a IKEA pour cela
  • A faire rire dans les chaumières ? oui sûrement un rire qui grince comme une porte mal graissée.
  • A faire parler les bavards ? oui, le silence est assassin
  • A faire vendre ? oui pour F.Z.
  • A faire vomir ? oui quelquefois, Dysneland c’est du toc
  • A servir de prétexte à la FNAC pour vendre autre chose que des livres ? oui.
  • A faire parler quelques érudits dans des salons mondains ? oui qu’ils restent entre eux.
  • De sujet au bac ? oui mais pour combien de temps ?
  • A caler une table de camping un peu bancale quand on a rien d’autre sous la main ? oui c’est aussi ça un livre.
  • A occuper les trois heures d’un train Paris Marseille ? pourquoi pas, je vois tellement de gens qui lisent voici et gala
  • A se protéger du soleil sur une plage en été ? je préfère la plage en hiver
  • A remplir des médiathèques toutes propres et toutes neuves ? oui qu’il faut fréquenter comme on fréquente les centres commerciaux
  • A me poser des questions de moi dans tout ça ? oui oui oui oui oui oui et oui

Sylvain Levey

Petites Fugues ...

Mercredi dernier, une étrange sortie de la caravane ...

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La traversée des faux plis : aurions-nous perdu la tête ?

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Des personnages singuliers viennent se greffer dans le paysage de la médiathèque.

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Muets, ils expérimentent à travers leur simple présence, comment habiter ce monde-ci.

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"La télé, mettez-la sur le trottoir"

Et cet après-midi, une classe de CM1 de l'école Jean Moulin

D'autres enfants, d'autres mots...

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"Pas d'imagination. L'écriture, c'est juste se regarder vivre"

Ce matin, une rencontre d'écriture
entre la 6ème2 du collège Les Mousseaux et Sylvain Levey

On est plein de mots, autant que d'os et d'eau
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Ecrire tous ces mots, depuis ce matin au réveil. Tous.
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Définir maintenant tous ces mots.
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Raconter, dans les moindres détails, la couleur de la couette, les touches du téléphone, le journal dans la cuisine, le bol du petit-déjeuner... caravane_poetes04.jpg

Un mercredi dans la caravane

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Elle est belle ...

Elle est belle cette caravane dans cette belle médiathèque toute propre et toute neuve il est beau ce projet un écrivain dans une petite caravane les deux tombés du ciel comme par magie dans le hall de la grande médiathèque toute propre et toute neuve.

Il fait peur là en vrai ce projet quand il n’est plus une simple suite de mots sur un papier quand il n’est plus juste imaginé sourire aux lèvres entre gens de chouette compagnie devant un bon café.

Il fait peur j’ai peur en fait oui j’ai peur il y a du monde en fait beaucoup c’est cela qui fait peur.

- eh m’sieur c’est quoi vous faîtes là ?

Je le savais.

(Devant le café en chouette compagnie)

Je ne sais plus j’ai les mains moites le cœur mitraillette pourquoi j’accepte toujours ce genre de projets moi pourquoi je ne me contente pas de rester chez moi ?

- Je suis écrivain.
- Z’êtes connu ?
- Heu
- Z’êtes pas
- Comment te dire ?
- Ca se voit.

C’est vrai, jeune homme je ne suis pas connu alors je me présente :
Je suis Sylvain levey auteur de théâtre contemporain
Pourquoi contemporain ?
Parce que je suis vivant j’essaye

C’est un peu court comme explication bien sûr je vais réfléchir à t’en dire plus la prochaine fois disons pour acceptons le fait pour le moment que je suis auteur de théâtre contemporain ou écrivain on peut dire aussi j’aime bien dire écrivain.

Je suis né en région parisienne de l’autre côté à l’ouest il y a trente cinq ans déjà j’ai vécu à Sartrouville d’abord puis à Rennes en Bretagne j’habite en ce moment entre les cailles de la butte et les chinois du quartier dans le treizième quoi le treizième de quoi de Paris qui en compte vingt j’écris du théâtre parce que je suis comédien je suis de cette espèce en voie de désintégration qu’on appelle encore les intermittents du spectacle le vrai celui qui est vivant pas pour longtemps les chasseurs ont la gâchette facile et la bave aux lèvres depuis quelques temps

- Vous écrivez du théâtre alors.
- Oui madame
- Moi aussi j’écris
- C’est une belle occupation madame
- Ca rime et c’est beau ce que j’écris c’est comme Verlaine et Rimbaud. C’est ce qu’on m’a dit. On m’ dit que j’écris comme eux
- Moi j’écris comme je peux quand je peux
- Parce qu’un écrivain ça n’écrit pas tout le temps ?
- Pas le mien.
- Elle est sympa votre caravane

C’est vrai qu’elle est sympa je suis bien ici moi je commence à me sentir chez moi dans cette caravane

- Eh m’sieur y’a la télé dans la caravane ?
- Non
- Ah pas de chance
- Chez moi non plus je n’ai pas la télé
(silence)
- Vous z’avez pas de télé !
- Non
- Et vous quoi le soir quand vous rentrez ?
- Je me suis jamais posé la question à vrai dire
(silence)
- Au revoir m’sieur
- Au revoir jeune homme

Il part

Il revient
- eh m’sieur
- Oui
- Ce sera possible d’venir écrire avec vous la prochaine fois
- Oui
- Du slam c’est possible
- Oui
- Mais moi je sais pas trop écrire
- Tu connais ton alphabet ?
- Oui
- Alors OK.

A vous jeune homme,à vous madame je sais pourquoi je suis là parce que nous sommes des êtres vivants et c’est ça le plus important.

La caravane passe (et restent les mots)

Sylvain Levey est un jeune auteur de théâtre en résidence de janvier à octobre 2009 à la ferme Godier, lieu de création et de représentation de la compagnie de théâtre Issue de secours, dans le cadre du programme RESIDENCES d’écrivains de la région Ile-de-France. Il participe, à cette occasion, à une aventure poético-ludique à la médiathèque.

Si vous voyez un petit bonhomme, qui, de temps à autre, le plus souvent il l'espère, tapote sur le clavier de son ordinateur. Si vous voyez ce même petit bout d'homme lire un livre et prendre des notes et avoir une ramette de papiers à ses pieds, du papier bien repassé qui sera vite froissé après avoir été griffonné. Si vous voyez cet homme devant une caravane vous n'êtes pas victime d'une hallucination non non. L'homme qui est là devant sa caravane derrière son ordinateur écrit car c'est son métier et cet homme devant sa caravane derrière son ordinateur aime bien lire aux autres ce qu'il vient d'écrire et aime bien lire ce que les autres ont écrit et aime bien discuter aussi, beaucoup, alors venez me voir et lire avec moi et écrire avec moi et discuter avec moi de tout de rien, de littérature bien sûr mais aussi de cuisine et de cinéma pourquoi pas.

Sylvain Levey

Les rendez-vous avec Sylvain Levey dans sa caravane :
de 15h à 18h
* vendredi 13, mardi 17 et mercredi 25 février
* mardi 4, mardi 10, mercredi 18 et mardi 31 mars
* mardi 14 et mercredi 22 avril

Sylvain Levey est un auteur de théâtre présent au sein du fonds Aneth (Aux Nouvelles Ecritures théâtrales).

Caravane